La repentance du péché est une condition essentielle du salut. Jésus dit : « si vous ne vous repentez, vous périrez tous également » (Luc 13:3-5). Pierre dit : « Repentez-vous et que chacun de vous s'oit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés... » (Actes 2:38). Nous voyons que la repentance est précédée de la foi en Christ comme Fils de Dieu et Sauveur des hommes en Luc 24:47 et Actes 2:38, où la repentance est décrite comme étant prêchée et accomplie au nom du Seigneur. Il est évident que personne ne se repentira au nom (par l'autorité) de Christ s'il ne l'accepte pas, par la foi, comme législateur, sauveur et Fils de Dieu.
Ayant prouvé la nécessité absolue de la repentance et la place qu'elle occupe dans le plan du salut, une question se pose tout naturellement : que font les hommes lorsqu'ils se repentent de leurs péchés ? La réponse à cette demande sera donnée dans les paragraphes qui suivent. Une conception courante est que la repentance signifie ou remords pour le péché : mais, selon l'évangile, la repentance est plutôt l'effet d'une tristesse selon Dieu : « Je me réjouis à cette heure, non pas de ce que vous avez été attristés, mais de ce que votre tristesse vous a portés à la repentance ... En effet, la tristesse du monde produit la mort » (2 Corinthiens 7:9-10). Ce passage nous montre que la tristesse selon Dieu et la repentance ne sont pas la même chose, mais que la première est nécessaire pour produire la dernière.
Une autre conception admise par beaucoup est que la repentance est la réformation ou le changement de vie. Mais selon la parole de Dieu la réformation de la vie est le fruit de la repentance, de même que la repentance est le fruit de la tristesse selon Dieu. Lorsque Jean- Baptiste demanda au peuple de produire « du fruit digne d'une vraie repentance » (Matthieu 3:8), il faisait une distinction entre la repentance et les actes d'une vie reformée en appelant ces derniers « le fruit du repentir ».
En Actes 26:20, Paul dit que sa prédication devait avoir comme résultat « la repentance et la conversion à Dieu, avec la pratique d'œuvres dignes de la repentance ». Ici nous constatons encore que la repentance est autre que la réformation de vie. Actes 3:19 dit : « repentez-vous et convertissez-vous afin que vos péchés soient effacés ». Dans ce commandement le mot « convertir » exprime un fait qui s'accomplit après la repentance. L'idée d'une réformation est comprise dans le mot « convertir », mais se repentir signifie reforme, il y a répétition dans le texte
Dans toute la Bible, le mot « repentir » signifie en principe un changement d'esprit ou d'avis. Notez quelques exemples de son emploi :
(1) « L'Eternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur coeur se portaient chaque jour uniquement vers le mal.
L'éternel se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre, et il fut affligé en son cœur. Et l'Eternel dit : j'exterminerai de la face de la terre l'homme que j'ai créé... car je me repens de les avoir faits » (Genèse 6:5-7). L’Eternel s’est repentit d'avoir fait l'homme sur la terre ». Ceci ne peut pas être interprété comme si Dieu avait changé son esprit vis-à-vis d'un mal qu'il avait commis, comme doivent le faire les hommes quand ils ont péché.
Nous devons comprendre tout simplement que Dieu avait changé son esprit ou son attitude envers les hommes pécheurs. Auparavant, il avait été patient avec eux, mais à l'époque dont il est question ci-dessus, il décida de les détruire, à l'expression de Noé et sa famille.
(2) « L'Eternel l'a juré, et il ne s'en repentira point : Tu es sacrificateur pour toujours, à la manière de Melchisédek ». Cette prophétie est répétée en Hébreux 7:21. Or, le Seigneur avait juré que Jésus-Christ serait souverain sacrificateur selon la règle établie par Melchisédek et il ne s'en repentira pas, c'est-à-dire qu'il en fût ainsi et sa résolution subsistera.
(3) Jérémie 4:28. Ce passage relate certains décrets du Seigneur : l'un d'eux déclare : « ... je l'ai dit, je l'ai résolu, et je ne m'en repens pas, je ne me rétracterai pas ». Le Seigneur dit tout simplement qu'il ne changera ni l'attitude, ni la résolution sanctionnée par ses décisions. Lisez Exode 32:1-14 ; Jérémie 18:7-10. Dans tous ces passages, nous voyons que le mot « repentance » signifie un changement d'esprit, d'attitude et d'avis.
Ainsi, le mot «repentance », dans l'évangile, signifie littéralement un changement de cœur et d'esprit. Cette définition est rendue claire par une courte parabole de Jésus : « Que vous en semble ? Un homme avait deux fils : et s'adressant au premier, il dit : mon enfant, va travailler aujourd'hui dans ma vigne. Il répondit : je ne veux pas. Ensuite, il se repentit, et il y alla » (Matthieu 21:28,29). Quel sentiment a poussé ce jeune homme à obéir à son père après avoir refusé de le faire ? Ce fut sa repentance qui est évidemment, par le langage de Jésus, un changement d'esprit et d'avis. Il n'aurait jamais obéir à son père aussi longtemps qu'il eût conservé une altitude rebelle : Mais un changement de direction et il alla à la vigne.
[En résumé, la repentance, dans le cadre de l'évangile, est un changement d'esprit et de volonté produit par la tristesse pour le péché et ayant pour effet une réformation de vie et un changement de direction.
En admettant cette explication, nous ne devrons pas oublier cependant que la force principale qui mène à la repentance est la volonté de Dieu, le créateur : « ... la bonté de Dieu te pousse à la repentance » (Romains 2:4). Et quelle est la plus expression de la bonté de Dieu envers les hommes sinon le don de son Fils unique qui mourut pour nos péchés? (Jean 3:16). Aucune autre puissance ne peut inspirer dans le cœur du pécheur une vraie repentance comme le beau récit émouvant l'amour de Dieu manifesté en Jésus- Christ crucifié.
Révisons soigneusement tout ce que nous avons déjà dit pour établir la relation entre la repentance et le plan entier du salut en Christ.
Voici une personne vivant dans le péché, sans espérance dans le monde, séparée de Dieu et sur la voie de la condamnation éternelle !
Cette personne entend le message de l'évangile, le témoignage concernant Jésus-Christ, le Fils de Dieu et le Sauveur du monde, crucifié el ressuscité, celui qui a toute autorité dans les cieux et sur la terre.
Acceptant ce témoignage, elle croit en Christ. Pour la même raison, elle est amenée à la conviction qu'elle est un pécheur perdu et, en contemplant le grand amour et la bonté de Dieu qui envoya son Fils afin qu'il donnât sa vie pour les pécheurs ressent une profonde tristesse pour ses péchés.
Suite à cette tristesse et se confiant en Jésus et en son sang pour le pardon, elle change son esprit en ce qui concerne la pratique du péché, elle se résout à obéir au Seigneur, à le suivre dans les sentiers de la justice et à renoncer à tout ce qui pourrait empêcher d'être loyal envers ce Maître bien-aimé. Le changement d'esprit qui s'effectue en cette personne, la détermination d'abandonner le péché de se donner sans réserve au Seigneur, voilà le vrai repentir. La première expression de cette repentance sera l'obéissance à la volonté divine par la soumission à l'acte du baptême pour la rémission ses péchés (Actes 2:38), après une simple confession de sa foi en Jésus-Christ (Actes 8:37).
Aucun commandement de Christ n'est difficile, trop pénible pour celui qui est réellement repentant. Si une personne qui prétend croire en Christ s'obstine à ne pas obéir à tout ordre quel qu'il soit, c'est que cette personne ne s’est repentie ; sa volonté personnelle et son désir opiniâtre de persister dans la rébellion contre Dieu n'ont pas changé.
Le repentir rend possible un changement dans la direction de la vie : du péché à la Justice, de Satan à Christ. Mais l'impénitent, qui continue à se vautrer dans la rébellion contre Dieu, refuse ainsi d'écouler les commandements de Dieu.
Quand le pénitent Saul de Tarse reçut d'Ananias l'ordre de se lever et se faire baptiser pour être lavé de ses pèches (Actes 22:16), il ne s'est pas révolté contre ce commandement et il n'a pas discuté avec le prédicateur à ce sujet. Son esprit était déjà changé par sa repentance, et au lieu de poursuivre un chemin opposé à Christ, il voulait se soumettre à la volonté de Christ. Son plus grand souci était d'obéir au Seigneur le plus vite possible. Ainsi, Luc nous dit qu'il « fut baptisé immédiatement » (Actes 9:18).
L'empressement à payer tout le prix exigé pour devenir disciple de Christ est aussi compris dans la vraie repentance. Lorsqu'un homme a changé son esprit à l'égard du péché, se décidant de donner sa vie sans réserve à Jésus-Christ, on a dû compter le prix et on a dû accepter joyeusement tous les sacrifices et toutes les privations nécessaires pour être son disciple. Il veut obéir à tout ce que le Seigneur ordonne, renonçant à tout intérêt personnel, à tout désir charnel et à tout préjugé afin de plaire à celui de qui viennent toutes les bénédictions matérielles et spirituelles. Lisez avec soin les paraboles de la tour inachevée et de la guerre téméraire en Luc 14:25-33.
Un certain professeur biblique, commentant, ces deux paraboles, a fait remarquer : « tout homme qui devient un disciple de Jésus devrait contempler calmement et délibérément toutes les conséquences possibles de cette relation et se préparer à les rencontrer. Dans les affaires ordinaires de la vie, les hommes agissent avec prudence et prévoyance.
Ils ne commencent pas à bâtir sans avoir l'espoir d'achever. Ils ne font pas la guerre quand il y a beaucoup de chances qu'ils seront battus. La religion est aussi une oeuvre qui exige la réflexion, la pensée sobre, une délibération calme et résolue, et personne ne peut s'y engager proprement sans décider, par la grâce de Dieu, de remplir toutes ses conditions et de faire d'elle l'occupation principale de sa vie. Nous devons nous attendre à des difficultés dans la religion. Elle nous coûtera la mortification de nos péchés, une vie de renoncement, un conflit avec nos convoitises charnelles, l'inimitié et les outrages des hommes du monde. Si nous ne décidons pas avec résolution d'abandonner tout ce qui est nécessaire et de souffrir tout ce qui pourrait nous arriver, nous ne pouvons être les disciples de Christ ».
En étudiant le rapport entre la repentance et la foi dans l'évangile, nous voyons que la foi en Christ ne peut nous garantir ce salut aussi longtemps que l'Esprit et l'attitude s'alignent avec le péché au lieu de s'aligner avec la volonté de Dieu. Beaucoup de personnes acceptent que Jésus-Christ est le Fils de Dieu et le Sauveur du monde, mais elles persistent dans le péché parce qu'elles ne se sont pas repenties. Quand, par la foi, elles comprennent réellement la bonté de Dieu, manifestée par le don de son Fils Jésus-Christ à ce monde pécheur, et quand elles ont, en conséquence, la tristesse pour le péché, alors, et seulement alors, leur volonté obstinée se changera en repentance au salut.
Etudiant, si vous ne vous êtes pas encore repenti de vos péchés au nom de Jésus-Christ, ne voulez-vous pas changer votre attitude envers lui pendant que vous en avez encore le temps et l'occasion ?